13 décembre 2022 | Collonges-sous-Salève, France | Pedro Torres | AIDLR France

Le samedi 10 décembre 2022, en occasion de l’anniversaire des Droits de l’homme, le Centre international pour la liberté religieuse et les affaires publiques (CILRAP) avec la collaboration du Campus adventiste du Salève, l’AIDLR (association internationale pour la défense de la liberté religieuse) et l’OHCHR (haut commissionnât pour les droits de l’homme de l’ONU), a organisé la 7e journée des Droits de l’homme avec un symposium avec le titre : « Quel prix pour les droits de l’homme ? »

Le Dr Richard Lehmann a inauguré la journée avec une méditation spirituelle à l’Église adventiste du septième jour du Campus adventiste à Collonges-sous-Salève. Avec le titre « Quel prix pour les droits de l’homme ? », le Dr Lehmann a fait réfléchir l’audience sur la péricope trouvée dans l’Épître de l’apôtre Paul aux Philippiens 2.1-4.

Dr. Richard Lehmann. Photo : Pedro Torres.

« Si votre union avec le Christ vous donne du courage, si son amour vous apporte du réconfort et si vous êtes en communion avec lui par l’Esprit, si vous avez de la tendresse et de la bonté les uns pour les autres, alors, comblez-moi de joie en vous mettant d’accord, en ayant un même amour, en étant unis par le cœur et par la pensée. Ne faites rien par esprit de rivalité ou par gloriole, mais, avec humilité, considérez les autres comme supérieurs à vous-mêmes. Que personne ne cherche son propre intérêt, mais que chacun de vous pense aux autres. »

Le point de la réflexion était le courage, résultat de la communion avec le Christ, qui amène à la bonté envers les autres. Ce principe a motivé Jean Weidner à trouver le courage et l’amour qui l’a poussé à sauver plus de 1200 vies pendant la Deuxième Guerre mondiale. Il était prêt à sacrifier sa vie pour en sauver des autres, aidant aux juifs à traverser la frontière avec la Suisse.

Les chrétiens doivent préconiser le respect des lois du pays. Mais, Jean Weidner a démontré, selon le Dr Lehman, que « l’observation stricte de la loi peut trahir la loi. » Dieu nous a donné une conscience pour discerner le bien du mal et la capacité de réflexion et décision. Jean Weidner prit sa décision lorsque, un jour à la gare a été témoin de comment un soldat nazi, avec sa botte, écrasait le crâne d’un bébé, arraché des bras de sa mère juive, simplement parce qu’il pleurait et lui gênait. Jean Weidner ne pouvait plus rester sans rien faire.

Le Dr Lehmann a continué avec cette pensée : « Observer les commandements de Dieu, ce n’est pas forcément faire la volonté de Dieu. » Le parallèle était présenté, mais aussi dans le plan spirituel. Pourrions-nous faire pareil lors de « respecter les commandements de Dieu » selon l’interprétation que chacun de nous fait ?

Jésus posait la question (Luc 10.26) « qu’est-il écrit dans notre Loi ? Comment le comprends-tu ? » c’est-à-dire, il y a toujours l’interprétation de la loi subjective. Notre interprétation de la « Loi » peut faire de nous des personnes intransigeantes envers ceux qui nous entourent.

Finalement, la force la plus puissante qui a poussé à des hommes et femmes comme Jean Waidner à faire face à des « monstres » pour mettre des personnes à l’abri à risque de leur propre vie, était l’amour, et l’amour du Christ qui agit en chaque croyant.

« Nous n’avons pas besoin d’être des héros. Mais d’apprendre à aimer notre prochain, » conclut le Dr Lehmann.

Cette méditation peut être visionnée ici :

À 15 h a eu lieu le Symposium annuel à l’Aula du Campus avec les suivants intervenants : Michael Wiener (OHCHR), Paulo Macedo (secrétaire général de l’AIDLR), John Graz (directeur CILRAP), Jean Philippe Lehmann (Président du Campus adventiste du Salève).

Le Dr Jean Philippe Lehmann (directeur du Campus) a présenté une petite biographie de Jean Weidner, héros de la Deuxième Guerre mondiale. Qui a sauvé plus de 1200 vies. Il a souligné la marque indélébile que le père de Jean Waidner avait laissé sur lui avec cette pensée : « On ne laisse jamais un malheureux tout seul. »

Dr Jean Philippe Lehmann (directeur du Campus). Photo : Pedro Torres

Jean Waidner est devenu un « hors  la loi » pour défendre les droits humains. Il a suivi sa conscience après avoir été témoin de la mort du bébé juif, mentionné dessus. Wainer est devenu un « hors  la loi », car les lois de ce moment-là étaient inhumaines. « On ne peut pas aider les autres seulement quand on sait qu’il n’y a aucun risque à courir. Quand on voit des êtres en danger, on éprouve le désir de leur venir en aide et peu importe si l’on doit se salir les mains ou même risquer sa vie. À ce moment-là, les seules limites permises sont celles de la vie elle-même, » continuait le Dr Jean-Philippe Lehmann.

Par la suite, il a cité le Rabbin Harold Shulweis :

« Faire face à la bonté peut se révéler un défi autrement plus pénible que de faire face au mal. C’est une chose d’étudier et de condamner le syndrome de sadisme chez un Klaus Barbie, mais c’en est une autre d’étudier et de comprendre le syndrome de secours chez un Jean Weidner. Ce dernier nous tend un miroir impitoyable. Serais-je prêt à secourir une femme enceinte, un enfant affamé ou sans-abri, un couple âgé et effrayé — à leur fournir de la nourriture et un abri, à faire disparaître leurs ordures et à prendre soin d’eux lorsqu’ils sont malades — tout en sachant que cela pourrait attirer l’attention des poursuivants nazis et de leurs informateurs et provoquer un désastre pour ma famille ? La bonté du sauveteur ébranle les fondements de mes prétentions à la vertu. Le comportement de sauveteurs en chair et en os m’oblige à réfléchir longuement et sérieusement à ma propre bonté et à imaginer mes choix dans des situations analogues. »

La question finale du docteur Jean-Philippe Lehmann pour clôturer son intervention : « Quel prix es-tu prêt à payer pour défendre les droits de l’homme ? »

Michael Wiener, responsable des droits de l’homme, Bureau du Haut Commissariat des Nations Unies, Haut Commissaire aux droits de l’homme (OHCHR) a présenté le projet « la foi pour les droits » est un projet avec la vocation de promouvoir les droits de l’homme de bas en haut. Normalement le processus est à l’inverse, lorsque les pays se réunissent à l’ONU.

Michael Wiener, responsable des droits de l’homme, Bureau du Haut Commissariat des Nations Unies, Haut Commissaire aux droits de l’homme (OHCHR). Photo : Pedro Torres

Et Paulo Macedo (secrétaire général de l’AIDLR) a présenté l’association Internationale pour la défense de la liberté religieuse (AIDLR, voire https://aidlr.org/), soulevant le besoin des associations à côté de l’ONU au présent pour « éviter les conflits sans renoncer à sa propre opinion, car cela devient de plus en plus problématique à notre époque. »

Paulo Macedo (secrétaire général de l’AIDLR). Photo : Pedro Torres

Cette organisation compte avec 10 délégations nationales, enregistrée en suisse depuis 2021 malgré qu’elle ait été enregistrée en 1948 à Paris. Elle fait un suivi des informations et tendances sociales pour sensibiliser le public au sujet de la liberté religieuse et de conscience. Un autre but de l’AIDLR c’est d’accompagner et soutenir à ceux qui on besoin à cause des problèmes de liberté de conscience et religieuse.

Ces présentations peuvent être visionnées ici :

À 17 h, le « Concert des droits de l’homme » de piano et violon avec des Œuvres de Chopin et Rachmaninov, assuré par Richard Kogima, concertiste, et Damianos Serefidis, violoniste (officier des droits de l’homme — OHCHR) et Michaël Wiener, pianiste (officier des droits de l’homme — OHCHR) à l’Aula magna du Campus adventiste du Salève à fait les délices de ceux qui ont été présents ou qui ont suivi sur Internet, disponible ici :

Le week-end continuait avec « la marche pour les droits », c’est la septième édition de cette marche pour les droits de l’homme qui commence à l’entrée de l’Église luthérienne de Genève. Les participants ont marché jusqu’à la mosquée de Dituria, où ils ont été accueillis pour partager et échanger sur les activités de la mosquée pour la communauté locale. Cela a coïncidé avec la prière de midi de la mosquée. Un petit thé attendait à la sortie. La marche a continué en remontant les routes jusqu’au Campus adventiste du Salève où des sandwiches et boissons attendaient les participants à la marche pour se réchauffer et reprendre les forces. Comme il est déjà une d’habitude lors de ce week-end annuel, les liens, amitié et engagement des différentes institutions représentées ont été plus serrés et mis en évidence pour leurs activités pendant les 12 prochains mois qui suivent, moment où une nouvelle rencontre aura lieu le deuxième week-end de décembre de 2023.


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